
- Simon, animateur de choc
Un café citoyen, c’est quoi ? Selon Jean-François, professeur à l’Institut de la Providence : Un café citoyen c’est un lieu de débat où se retrouvent des personnes qui de prime abord seraient peu susceptibles de se rencontrer dans la vie de tous les jours. C’est pas beau ça ? Et “ça”, c’est une initiative du réseau de l’Ecole de la Vie ! Muriel de Jamais sans Toit ouvre les portes de ses locaux pour l’événement, Michèle d’Ages et Transmissions supervise la rencontre, des asbl fournissent le public et le charismatique Simon anime le débat !
Le thème du jour,“l’école, à quoi ça sert ?”, a réuni des élèves de l’Institut de la Providence et du lycée de Mater Dei, des mamans de l’Institut de la vie, des membres d’Ages et Transmissions et de Jamais sans Toit, des jeunes de l’IPPJ de Wauthier-Braine, et une représentante, Claire, des personnes à capacité réduite. Des jeunes filles d’un collège chic, des jeunes incarcérés, des seniors, des sans-abris, des handicapés... Point de vue diversité des mondes, qui dit mieux ?
L’école, un sujet souvent traité... Alors, comment ne pas tomber dans une juxtaposition d’idées impersonnelles véhiculées par les médias, les copains ou la famille ? Au début, ça y allait franchement avec les lieux communs. “C’est un lieu d’enseignement, de communication, d’apprentissage de la culture générale, d’apprentissage des limites...”. Petit à petit et avec l’aide de Simon les commentaires prennent de la substance, les langues se délient... “L’école c’est un cadran castrant”, “un lieu de formatage”, “certaines matières ne servent à rien, comme le latin ou les maths”... Voilà des interventions qui portent plus à réaction ! Pour les élèves de Mater Dei, “le latin et les math, c’est pénible mais ces matières développent le raisonnement logique”. C’est aussi ce que dit Google quand on tape : “comment développer sa logique ?” ! Si Google le dit...
Ces remarques m’ont rappelé un gag de Gad Elmaleh qui disait : Si je vous dit, aujourd’hui, racine carré de 25 , vous me répondrez ... 5 ! Ok et alors , ça va te sortir d’une galère ce truc ? Un jour tu es sorti, d’une soirée en disant, heureusement qu’on l’a connaissait cette racine sinon on était dans la merde...

- Muriel raconte Kinshasa !
L’école a aussi un règlement. A Mater Dei, par exemple, le règlement est assez stricte en ce qui concerne la tenue vestimentaire. Lorsque ces demoiselles arrivent à l’école le matin, on leur demande de lever les bras pour vérifier que le petit haut ne laisse pas apparaître “ce ventre qu’ils ne sauraient voir !” Pour elles, c’est désagréable mais ça fait partie de l’apprentissage d’un certain “savoir vivre”. Simon, en bon provocateur, joue le scandalisé : "Comment ces demoiselles peuvent-elles accepter tant de discriminations ? L’habit ne fait-il pas partie de l’expression de soi ? N’est-ce pas à l’école que les jeunes devraient apprendre à être des individus à part entière et à développer leur propre personnalité ? Les jeunes filles tentent de défendre le bien fondé de ce règlement... Pas si facile, Simon, maître dans l’art de la déstabilisation, les pousse au bout de leur argumentation.
Un autre moyen d’aborder la question de l’école c’est d’imaginer l’école “idéale”. Un mélange de cultures, de milieux sociaux, de cours le matin et d’activités l’après-midi, de la suppression de certaines matières, .... Que du bonheur en somme ?! Tout le monde n’est pas de cet avis, pour certains élèves de la Providence, il n’y a rien à changer ! Vraiment ? Ou est-ce un truc pour amadouer les profs ?
Pour laisser tout le monde s’exprimer, Simon demande à chacun de révéler son meilleur et/ou pire souvenir qu’il retient de l’école. Pour Claire, ce ne fut pas toujours drôle, les autres élèves se moquaient de son handicap. Qui a dit que les enfants étaient dépourvus de cruauté ? Par contre, ses yeux brillent encore quand elle raconte son fameux plongeon dans la piscine ! Pour Muriel, ses meilleurs moments d’écolière, elle les a passés à Kinshasa. La mentalité y est différente : un cartable moins lourd, des horaires plus adaptés au cycle naturel de sommeil. Mon arrivée au plat pays fut très difficile ! Pour un élève de l’IPPJ, l’école a toujours été dure... il relève surtout le manque de compréhension des professeurs qui au lieu de t’aider quand tu files du mauvais coton, te laissent couler car de toute manière, ils se disent que “c’est de ta faute” ! Fanny, de l’Institut de la vie, se souvient avec bonheur de sa complicité avec un professeur grâce à leur amour commun du foot ! En ce qui me concerne, j’ai adoré les primaires, surtout les jeux : “Qui veut jouer à papa et maman”, puis “bisous/baffe”, les billes, les crados, etc !

- Tous à l’écoute !
Malheureusement, le débat s’achève déjà... Dommage, on était tout juste échauffés ! Pas de conclusion réelle... Des choses ont été dites, chacun y est allé de son expérience... A nous maintenant d’y réfléchir pour se faire sa propre opinion sur le rôle de l’école... Mais c’est sans nul doute une question à poser encore et encore !
Avant de déguster les sandwichs préparés avec amour par de petites mains discrètes, on vote rapidement pour le prochain thème. Michèle propose : “Le travail : un droit, un devoir, un choix ?” ou “Le sexe, c’est dur d’en parler !” Le gagnant est... je vous le donne en mille... “Le sexe, c’est dur d’en parler.” Difficile d’en parler, peut-être... mais stimulant, certainement !






