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Depuis un an, Véronique Bolline, notre Partenaire formatrice, anime le Magusine en favorisant l’engagement collectif de ses étudiantes. Pas question de tapoter sur le clavier juste pour le plaisir des phrases ou d’une technique bien apprise. Il faut se confronter au choix d’un sujet, apprivoiser un style et appréhender les critiques du groupe sans se décourager. On avance pas à pas comme le ferait un Comité de rédaction quand il décide d’une politique éditoriale.

Quel sujet choisir ? Quels textes publier ? Que penser des premiers jets ? On se concerte, on expose son point de vue et on tire de nouvelles pistes de réflexion qui ouvriront l’écriture de chacune.

Pas grand monde aujourd’hui dans les Comités, la fin de l’année se fait sentir. Beaucoup d’articles ont été publiés, certains sont encore à retravailler, ils se polissent et se métamorphosent dans l’interface administration. Tu pourrais nuancer ton texte dit Fatima à Hajiba qui avoue avoir du mal à exprimer exactement ce qu’elle ressent. Cette dernière nous expliquera un peu plus tard qu’elle n’a jamais écrit avant mais que malgré les difficultés, ça en vaut la peine. Malika pose sa caméra discrètement sur les visages. On sent la flamme, celle d’une parole qui rebondit sur les textes lus à haute voix, celle aussi de la découverte d’une opinion personnelle ou d’une créativité narrative inattendue. A l’angoisse de la page blanche succède l’exubérance rédactionnelle.

On a tellement de choses à dire s’enthousiasme Julie qui a trouvé dans la Magusine la possibilité d’exercer ses envolées journalistiques.

Après la séance du Comité de rédaction, les jeunes femmes rejoignent à tour de rôle la classe du dernier étage où nous avons aménagé un espace de confidences.

Balbutiements devant l’objectif, fous rire aussi, les étudiantes apprivoisent la caméra pendant que Malika affine ses derniers réglages son. Très vite les questions produisent un jaillissement de paroles. Les impressions mitigées au début de l’année, les prémisses difficiles de l’acte d’écrire, l’enthousiasme unanime à travailler en groupe, l’apport d’une telle démarche dans la vie professionnelle : les témoignages des Participantes balisent dans la formation initiale l’ampleur du champs magusinien.

Vie d’un comité de rédactrices

Jardin secret pour les unes, aire de dialogue familiale pour les autres, le Magusine s’exporte dans la sphère intime. On s’y ballade le dimanche parce qu’on a l’adsl à la maison et qu’on est plus à l’aise pour écrire. On y invite des connaissances, on y règle des comptes - avec ses amours impossibles, ses rêves fuyants, ses désirs inavouables. On voudrait y impliquer son cousin et sa sœur ou simplement continuer pour soi, après la formation.

14h. Dernière interview de Véronique qui rappelle que l’écriture est un acquis important et que d’autres supports tels que la vidéo seraient certainement ludiques mais n’auraient pas le même rôle complet que la mise en avant, par écrit, de ses opinions.

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